Enfin, nous y voilà ! Le jour du passage du canal est arrivé.

Après Gibraltar et la transat la saison dernière, le passage du canal, synonyme de poursuite de l’aventure dans le Pacifique, est notre nouvelle étape.

Nous attendons à Shelter Bay marina, à l’entrée du canal pour les derniers préparatifs, plein d’eau , achat de frais, rangement du bateau, etc….ainsi que l’arrivée de Yann et Jean Marc qui seront avec nous à bord pour cette aventure jusqu’aux îles Gambiers.

Le canal nous confirme notre passage pour le 26 mars, avec un jour d’avance, mais malheureusement à 4h30 du matin !😭. Nous recevons in extremis à 20h les grosses bouées et les amarres de 40m nécessaires aux écluses et accueillons pour la nuit le handliner qui complète l’équipage pour le canal.

À 3h nous quittons le ponton et rejoignons les 2 monocoques qui passerons avec nous, amarrés en « nid », Talulah au milieu. On accueille notre pilote Yvan, très précis et professionnel mais sympa.  On enfile nos polos estampillés Talulah ( ça fait très chic!), Corinne va devoir gérer le bateau, l’équipage et les repas, (surtout celui du pilote), moi la direction des 3 bateaux, et c’est parti pour les 3 premières écluses de Garin, qui nous font quitter l’atlantique en montant de 28m.

Un cargo de 200m, Menuett, remplit l’écluse derrière nous et nous surplombe de toute son étrave.

L’inertie du convoi et les remous dans les écluses sont impressionnants surtout au début, mais restent assez faciles à gérer avec les indications du pilote. Corinne lui concocte le breakfast réglementaire : œufs brouillés, bacon…., il est satisfait, toute la journée se passera bien !

On ne prend pas de retard, aucun bateau ne frotte le béton des écluses, le stress initial diminue progressivement, et on contemple une dernière fois l’Atlantique. Pour rentrer à la maison, on mesure que le chemin devient d’un coup plus long. Notre voyage change de dimension…

La traversée du lac Gatun au centre du canal est sympa, entre jungle et mangrove, dans un chenal ultra balisé. Le pilote nous fait doubler Menuett car il faudra de positionner devant lui dans les écluses de descente, ….. et il veut avoir le temps de manger le poulet basquaise préparé par Corinne !.

le nid se reconstruit avec seulement 2 bateaux pour les 3 écluses de descente vers le Pacifique car on a perdu un monocoque qui n’arrivait pas à nous suivre sur le lac. Du coup, l’inertie du nid devient plus difficile à contrôler et les bateaux partent volontiers en crabe dans les écluses. Derniers moments d’attention, dernières manœuvres et les portes de l’écluse de Miraflores s’ouvrent sur le Pacifique à 14h précises, destination la Polynésie 🌴⛵️🦞🐠🍍🏄‍♀️⛱️ 🐬.

Heureux et un peu soulagés, on suit le chenal jusqu’au mouillage de la Playita  à Panama city🇵🇦. La fatigue se fait sentir, on mouille l’ancre à côté d’autre « Atlanticos » devenus comme nous « Pacificos », champagne 🍾 🥂 et ….. dodo.

On préparera la Transpacifique dans les jours suivants.