On en rêvait des Îles Los Roques . Archipel corallien situé à 90 Miles nautiques (environ 150 km)des côtes vénézuéliennes. Petit paradis, des îlots protégés de la houle par le corail , mais pas du vent! Idéal pour le Kite et la Wing!! Et même si cela n’avait pas été sur la route pour Panama, on aurait fait le détour.
De la Martinique en route directe il y a 384 MN , en gros 700 km. Ça vaut le coup de faire un routage. Pour tout nos amis et parents non marins comment on fait?
C’est simple. Un ordinateur, un logiciel comme la version croisière de celui du Vendée Globe D’ADRENA,octopus, de bonnes prévisions Météo, sous forme de fichiers grib et c’est parti.
Dans les jours qui viennent les alizés vont se renforcer et la houle de même.
Adréna permet de prendre en compte le vent , la houle et de définir une route en fonction de l’heure d’arrivée souhaitée. Pour que le routage soit fiable il faut que la polaire ( vitesse du bateau pour une vitesse de vent et une direction données) du bateau soit incluse .
On va être au portant ( vent arrière),donc pas la meilleure allure pour un catamaran. On tirera des bord au 150 du vent. On veut aussi arriver soleil haut, pour bien voir le corail.
Le routage nous permet de faire tout ça.
Départ Samedi 18 Jan à 9h , arrivée prévue lundi à midi.
L’alizé près des côtes n’est pas très régulier.
On règle le bateau au mieux dans une houle croisée qui cogne pas mal, mais ça avance bien sous gennaker ou génois et la GV a 1 ris avec 93 miles les 12 premières heures. À la nuit l’alizé se renforce comme d’habitude et c’est parti pour le 2eme ris et un génois plus ou moins roulé. Le vent ne dépassera jamais 30 noeuds même dans les grains et au matin, c’est 205 miles en 24h qui s’affichent au compteur, après une nuit hachée par les grains, puis de grandes glissades sous un ciel dégagé et très étoilé. C’est une première pour Talulah qui avait souvent flirté avec les 200 miles/jour sans les dépasser.
Le deuxième jour, la houle devient moins chaotique et on en profite pour couper les angles d’empannage et gagner un peu de route. Notre moyenne reste bonne malgré le vent qui baisse un peu et le ris dans la GV que l’on garde à cause des grains. Notre duo se remet dans le bain pour les manœuvres (Corinne a la barre, JP aux écoutes ou aux drisses) et retrouve toutes ses sensations après les 8 empannages de cette traversée ! La dernière nuit on coupe l’AIS et les feux de navigation, car compte tenu du climat politique et de la pauvreté au Venezuela des attaques de voiliers de plaisance ont été recensées ces derniers mois près des côtes. Normalement on est suffisamment au large mais on restera vigilant jusqu’aux Roques.Cette deuxième nuit est Belle pas de grains , belle lumière de la lune, un alizé régulier de 25 a 30 noeuds. Talulah glisse sur l’eau entre 9 et 12 noeuds , sans à coup .
Sur les traversées à deux on prend des quarts de 2 à 3 heures. Parfois plus , parfois moins .. tout dépend de l’état de la mer et des grains qui nous obligent aux manœuvres et de l’état de fatigue.
Après 2 jours de mer, les collines de Grand Roque sont en vue, on serpente entre les derniers grains qui nous poussent vers les premières barrières de corail des Roques, le ciel se dégage et on vient mouiller devant le village de Grand Roque, seul village de l’archipel. L’ancre s’enfonce dans du sable blanc sous un camaïeu de bleu après 49 heures de mer et 414 miles parcourus. Il n’y a que 4 bateaux au mouillage, bien loin des centaines de bateaux de la Martinique.
On a prévu d’y passer 2 semaines mais avant c’est parti pour les formalités de douane, d’immigration et de permis de navigation dans le parc très protégé des ROQUES.
un lien vers une vidéo Mon film
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