Les fêtes 2024 entre Martinique et Guadeloupe

Nous vous avions laissé à notre arrivée en Martinique le 6 décembre de l’an dernier. Arrivée au mouillage de saint Anne dans le sud de l’île après 2 stops pour la nuit à Bequia dans les Grenadines et Marigot Bay dans l’île de Sainte Lucie les jours précédents. 

On retrouve d’emblée Tilicho, notre ancien bateau, et son nouveau propriétaire Damien, et également Sophie et Antoine, sur leur cata Edelcat 35, pour un diner à bord tous ensemble. Le nouveau dessalinisateur doit arriver dans les jours suivants, mais notre séjour martiniquais va s’éterniser car le transporteur puis les douanes et le transitaire nous font perdre 10 jours pour rien alors que nous aurions aimer profiter des mouillages de la côte au vent de la Martinique pendant ces jours ou l’alizé est anémique. Le système d’acheminement des colis, comme tout l’approvisionnement de l’île est complexe, lent et semble profiter à quelques-uns qui ont la main mise sur l’économie de l’île, comme en Guadeloupe.

Corine en profite pour « winguer », nous faisons les courses en prévisions des mois suivants ou les épiceries seront rares, nous bricolons et rangeons Talulah, bref on s’occupe un peu comme on peut. Le mouillage est immense et on retrouve de nombreux bateaux copains qui comme nous démarrent une nouvelle saison dans les Caraïbes. 

Enfin le dessal arrive, le dédouanement est fait chez le transitaires et toutes ses pièces se retrouvent dans la soute avant de Talulah. Le kit et le guide d’installation sont très bien faits, le montage est sans problème par rapport à l’ancien dessal et le lendemain, l’eau douce recoule dans les réservoirs de Talulah.

La fin du séjour martiniquais approche et on profite de revoir  Bruno et Veronique de Captain Cook, un Dean 45 et Bruno et Isabelle de N Arbenn, un Outremer 45 rencontrés à Trinidad. On passe une très bonne soirée avec un diner créole à l’écart des restaus de plage , avec fricassée de cabri, colombo de daurade…… excellents.

Le 24 décembre, nous quittons le Marin pour aller mouiller au nord de la Martinique dans la ville de Saint-Pierre, détruite en 1902 par l ‘éruption de la Montagne Pelée. La visite de cette petite ville surannée nous charme avec les ruines de l’éruption, son coté authentique comparé au coté touristique et surchargé de bateaux du Marin. Réveillon au calme, sans houle ni vent.

Le lendemain, jour de Noël, nous partons faire une rando sur le canal Beauregard, dit « des esclaves ». La montée depuis le mouillage est dure et longue sous le soleil. Dans la forêt, la rando consiste à suivre un petit canal alimentant la ville du Carbet en eau, à flanc de montagne, en marchant sur la margelle du canal, parfois bien délabrée, et qui ne dépasse pas 40 cms de large. Pas de garde-fous évidemment !! Cette rondo est quand même déconseillée aux enfants mais les croisements sont scabreux. Heureusement que la rando est officiellement interdite vu la vétusté du canal, et nous ne verrons que 2 ou 3 personnes. Pour le retour, nous avons la chance de croiser une famille martiniquaise envacances qui nous redescend gentiment en voiture directement à Saint-Pierre, nous épargnant 2 heures de marche supplémentaires.

Le 27 décembre, départ pour la Dominique, avec une nuit dans la baie de Portsmouth, d’ou nous avions découvert cette belle île l’an dernier.  Cette année il y a moins de bateaux présents, nous n’y restons pas et filons directement à Pointe à Pitre en Guadeloupe. 

Mais Neptune nous guette et au large des Saintes, c’est le chariot de grand-voile qui nous abandonne brusquement quand toutes le billes de ses roulements se font la malle !! Plus d’écoute de grand-voile pour les derniers miles au près avant de mouiller en face de Pointe à Pitre à l’ilet cochons ou nous retrouvons les alpins de Barcelonnette, Jean-Marc et Myriam d’Ira Vera rencontrés l’an dernier au Cap-Vert pour passer des bonnes soirées ensemble et un BBK dans un carbet en pleine forêt le 29 décembre. On tire même les rois par avance avant nos départs respectifs

 

Pour fêter la fin d’année 2024, nous filons mouiller dans le lagon de Saint-François à l’est de la Guadeloupe pour nager, foiler, et …….. encore attendre des pièces de rechange pour la réparation du chariot de GV et changer aussi les roulement des chariots de génois qui sont dans le même état, mais aussi passer un bon réveillon en amoureux pour préparer l’année 2025 dans le Pacifique.

On profite de l’attente des pièces et d’un jour sans vent pour marcher autour de la pointe des Châteaux, l’extrémité est de la Guadeloupe. Une petite balade autour des rochers effilés de la pointe et des plages alentour, avec une belle houle du large se brisant dessus.

LADESIRADE
Le lendemain, toujours pas de vent pour la Wingfoil. On prend la navette pour l’île de la Désirade, ou il est impossible d’accéder en voilier. C’est un bastion rocheux planté en face de la pointe des châteaux où on ne peut accéder en voilier. La houle est forte, mais le temps est super pour la randonnée. On fait deux sentiers : Grande ravine et le sentier de la cote nord, avec 450m de dénivelé. C’est peu mais bien suffisant vu la chaleur et la pente. Les vues du dessus de l’île sont grandioses avec tout l’archipel guadeloupéen sous les yeux. Puis on longe le bord de mer à marée basse pour remonter dans la forêt avant de redescendre sur Beauséjour, le village de l’île, et de reprendre la navette pour Saint Francois.

le 6 janvier, on récupère un congélateur commandé l’été dernier pour pouvoir stocker les nombreux thons que l’on va surement -enfin- pêcher, mais les espoirs de trouver des pièces de rechange sur place après les fêtes s’envolent. Les ships du coin n’ont rien, et recevoir des pièces en France prendra des semaines. Sur une idée de Jean-Marc, nous cherchons à faire imprimer en 3D les pièces manquantes. Et ….. surprise : On trouve en 24h un imprimeur 3D dispo, qui nous scanne les pièces et va les imprimer en 3 jours ! RV le 11 après notre escale dans la réserve de Petite Terre à 10 miles au large de saint-François.

Petite-Terre

Petite Terre est une réserve avec 2 ilots et un lagon central, au large de la Guadeloupe très connue pour sa faune marine et la beauté de son lagon. Il faut réserver son mouillage sur bouée car l’accès est limité, et savoir attendre la bonne météo pour y entrer car la passe s’avère difficile en cas de forte houle de nord-est; Nous y allons au moteur dans un calme plat et entrons facilement avec une petite houle de 1 m. Nous découvrons l’eau la plus transparente que ayons vue, mais les coraux et les poissons nous laissent un peu sur notre faim, par rapport à d’autres endroits de Guadeloupe ou  des Grenadines. Nous voyons tout de même des raies, tortues, carangues et tous les poissons de récifs. Par contre la taille des poissons est impressionnante car personne ne les chassent et nous passons plusieurs heures dans l’eau pour profiter du spectacle. Une carangue de plusieurs kilos élit domicile sous Talulah pendant 24h; peu farouche, on peut nager à moins d’un mètre d’elle sans la faire fuir, de quoi avoir des regrets culinaires.

Dans la journée, malheureusement, l’ambiance est gâchée  par les très nombreux touristes amenés par bateaux entiers pour baignade, grillade et bronzage. On se pose des questions sur la régulation réelle de la fréquentation de la réserve ! Aucun garde de la réserve n’est présent et le quotas de 200 personnes autorisés semble allègrement dépassé. Mais le soir, le calme revient et nous restons seulement 4 voiliers pour profiter d’un crépuscule sublime. Punch planteur et musique de jazz vont parfaire une belle soirée, une des premières depuis Trinidad ou nous retrouvons le plaisir de la sérénité des tropiques. 

Le lendemain, retour au mouillage de Pointe à Pitre pour récupérer les pièces du chariot de GV imprimés en 3D, acheter quelques leurres pour la pêche à la traine puis on file aux Saintes par petit temps et mer belle. Les mouillages y sont surpeuplés mais on a la chance de trouver une bouée libre sous le pain de sucre, mouillage emblématique des Saintes  Une belle balade masque-tuba ou l’on retrouve plus de poissons qu’à Petite Terre, mais plus petits, et c’est un départ matinal le lendemain 14 pour l’île de la Dominique ou nous devons nous arrêter pour faire remplir nos bouteilles de gaz, chose impossible en Guadeloupe ni en Martinique .

 

Les  Alizes étant de retour les traversées entre la Guadeloupe et la Martinique sont magiques . De belles sensations de glisse .

Deux jours après, nous voici à nouveau en Martinique, pour quelques dernières courses  et une clearance de sortie en bonne et due forme avant le Vénézuela. On y retrouve  avec bonheur Manu et Cathy en vacances terrienne !  une belle journée avant de les quitter pour L’archipel corallien des Roques  qui se profilera devant les étraves dans quelques jours.  ici commence l’aventure de notre  voyage de cette deuxième saison !