NUKU HIVA

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Nous partons le 23 juin avec Zwela pour les iles du groupe nord avec comme première escale la petite ile de UA UKA, rocheuse et sèche après 65 miles faits d’un seul bord vent de travers. A
notre arrivée, la houle est forte au mouillage exposé et l’ancrage est difficile. Nous passons une nuit « agitée » et rouleuse, avec un mouillage peu sûr. Il est difficile de débarquer car le mini-port
est en construction, et les rouleaux empêchent tout débarquement sur la plage. Nous quittons donc vite ce mouillage peu agréable pour essayer le 2° mouillage de l’ile, mais celui-ci est pire !
Impossible de mouiller les bateau vu le peu de place et la houle omniprésente.
Tant pis pour Ua Uka, nous filons directement vent arrière vers Nuku Hiva ou nous arrivons dans le grand mouillage protégé de la « capitale » de l’île : TAIOHAE. L’ile est impressionnante avec de grandes falaises, des pitons de basalte et un couvercle nuageux quasi permanent. Nous allons y passer 3 semaines car l’île est grande avec plus de possibilités de découverte et de balades que les autres îles. Nuku Hiva est particulière car elle possède des côtes découpées avec des mouillages protégés, et un plateau central, sorte de « petite Suisse » verdoyante plantée de pins
ou paissent des vaches et beaucoup de chevaux en liberté. Par contre, les alizés buttent sur les reliefs et la pluie est fréquente sur la côte au vent et le plateau central. La côte sous le vent est beaucoup plus sèche et ensoleillée avec des belles baies ou le mouillage est plus confortable. La population il y a deux siècles était très importantes dans toutes les vallées, d’où le grand nombre de sites archéologiques.
Nous louons une voiture pour 1 semaine et sillonnons toutes les routes de l’île : il y en a peu d’ailleurs avec quelquefois des pentes impressionnantes. Elles s’éboulent aussi facilement en cas de pluie importante…. ! On tente des randos à pied, mais la boue et la pluie nous arrêtent. On visitera plusieurs sites archéologiques entretenus et bien expliqués. Un jour de beau temps, on organise une journée à cheval sur le plateau central ou les paysages sont magnifiques. Les chevaux sont dociles et on prend plaisir à se balader à l’ombre des pins et des fougères.
Mon neveu Mathias nous rejoint le 3 juillet, arrivant de Tahiti ou il travaille. On décide de faire le tour de l’île avec Talulah pour profiter avec lui des mouillages que nous avons déjà repérés et d’assister aux fêtes de juillet, avec les danses et chants marquisiens.
Notre premier mouillage en baie de TAIPEVAE, 2° localité de l’île, nous donne l’occasion de remonter la petite rivière pour accéder au village et y partager la soirée de kermesse avec Néo, un marquisien jovial. Le retour au bateau de nuit sans lune sur la rivière nous fait tâtonner entre les bancs de sable, mais s’effectue sans encombre finalement !
Le lendemain, une belle journée de voile nous amène à la belle baie de HANAHO. Nous péchons en début de traversée un magnifique thazard de 1,25m de long. On va en manger pendant 8 jours. Talulah pêche enfin.
Hanaho est bien protégée par un plâtier de corail qui rappelle un peu les Gambiers, même si le corail est peu coloré, sans beaucoup de poissons. De belles aiguilles de basalte la surplombent et l’on peut marcher le long de la côte à partir de sa plage. Nous en profitons pour faire 2 belles
randos, découvrons une plage immense exposée au vent et à la houle ou Roger et sa famille cultivent un potager et ou nous nous ravitaillons en légumes. Nous tentons la cueillette des mangues dont la saison se termine, façon locale avec un panier au bout d’une longue perche. Et ça marche !
Nous changerons de mouillage pour la baie suivante de TAHIHEU pour visiter un site
archéologique entre 2 averses et y déposer Mathias qui doit déjà reprendre son avion pour Tahiti. Une grève surprise nous le ramène à bord et il partira finalement le lendemain.
Nous finissons le tour de l’île par l’ouest pour revenir sur TAIOHAE et y passer les fêtes du 14juillet ou jeux marquisiens, courses de chevaux sur la plage alternent avec les danses et chants traditionnels des Marquises . Les danseurs sont impressionnants de force et d’endurance.
Tout a une fin et nous quittons finalement NUKU HIVA le 16 juillet après un dernier
approvisionnement pour UA POU, la dernière île des marquises que nous voulons découvrir avant de changer de monde en rejoignant les Tuamotus

 

UA POU
Une petite matinée de voile et non voilà à Ua Pou, île emblématique des Marquises avec ses tours de basaltes qui surplombent toutes ses vallées.
Nous trouvons un bon mouillage à l’ouest de l’île, protégé de la houle devant le village de HAKAHETAU. Tous les habitants ont décoré le village pour l’arrivée d’un bateau de croisière et ses touristes.
Chants, musiques, palmes tressées et colliers de fleurs, BBK…. C’est la fête toute la journée.
Nous souhaitions louer une voiture pour visiter l’ile et rencontrer la nièce d’un ami dans un autre
village, mais toutes les voitures sont prises. Nous prendrons finalement un taxi pour rejoindre le
village principal, très paisible avec un joli marché artisanal. Pour le retour sous un soleil de plomb,
on renonce à faire 17 kms à pied sur une piste pierreuse, et on profitera de la benne du 4×4 d’une famille revenant des courses.
J’en profite pour me faire tatouer (et oui, qui l’eut cru ?) les symboles marquisiens de notre
nouvelle vie. L’idée me travaillait depuis le tatouage de Corine à Hiva Oa et la discussion avec Areki, le tatoueur-philosophe, m’a finalement convaincu.
Le lendemain, nous partons faire une très belle rando autour des trois pitons principaux de l’île. Ce sera la première fois que l’on  dépasse les 800 mètres de dénivelés aux marquises . Une belle boucle au pieds des pitons , droit dans le pentu par moments en se frayant un chemin au milieu des fougères . Apres un petit pique nique au somment on profite à la descente de bains dans les deux cascades. La sentier en fin de Rando traverse la propriété de Manfred, un allemand installé à Ua Pou depuis près de 20 ans avec sa femme tahitienne pour y faire du chocolat.

Après un dernier ravitaillement en fruits et légumes chez Henry, un ami d’Areki le tatoueur et aussi gentil que lui, l’appel du large se fait sentir.
Nous retiendrons des Marquises, « la Terre des Hommes », la beauté rude de leur relief volcanique
et de leurs paysages en dégradés de vert, la gentillesse des habitants, même s’ils sont moins
expansifs qu’aux Gambiers,. Mais la vrai difficulté est de les aborder en voilier à cause des
mouillages parfois difficiles voire impossibles, ainsi que de l’absence de possibilité de randonnée à pied car les chemins n’existent plus: les anciens les entretenaient pour la chasse aux cochons ,aux chèvres, mais les plus jeunes sont moins passionnés…
Le temps pluvieux cette année ne nous pas facilité les choses .Nous avons envie de soleil, de merbleu azur, de wing et de corail, après 2 mois passés aux Marquises. Les Tuamotu nous attendent,la fenêtre météo est bonne, et le 20 juillet nous hissons les voiles pour les 450 miles qui nousséparent de RAROIA, notre premier atoll des Tuamotu