APATAKI : dernier atoll et hivernage de Talulah

Du 22 septembre au 8 octobre 2025

Départ ce 22 septembre vers APATAKI, notre dernier atoll à découvrir cette année et où nous allons laisser Talulah pour 6 mois au sec. Nous sortons de Fakarava par la passe nord de Garua, en fin daprès-midi pour 65 miles à faire en 18 heures car lentrée dans la passe dApataki est prévue à 10h le lendemain en fonction de la marée. Cest donc sous génois seul à moins de 4 noeuds que nous passerons notre dernière nuit de navigation, avec un vent et une mer calmes, profitant encore dune voie lactée magnifique par cette nuit sans lune ni pollution lumineuse.

Une fois la passe du village dApataki franchie, nous traversons le lagon jusquau chantier ACS qui nous attend pour sortir Talulah et le sécuriser à terre pendant la saison cyclonique. Nous mouillons devant le chantier, entre les patates de corail sous le vent du motu.

Nous faisons ainsi la connaissance de Pauline et Alfred et de leur fils Tony qui ont créé ce seul chantier de larchipel des Tuamotus. Peu de moyens, mais une grosse énergie et un accueil très chaleureux.

Le 26 septembre, la sortie du bateau nous inquiète un peu car si les moyens sont les mêmes qu’à Panamarina au Panama, leau est plus agitée et le clapot peut pousser Talulah sur le corail qui est tout autour de la rampe de sortie. Tout se passe bien finalement, comme prévu, même si Talulah passe tout juste entre les cocotiers et latelier du chantier, et se retrouve bien calé et sanglé sur le chantier, à coté de 2 autres catamarans français, habitués du Pacifique, avec qui nous sympathisons et qui nous donnerons plein de bons conseils pour la suite.

Cest parti pour 10 jours de boulot, pour bien préparer Talulah pour ses 6 mois de saison chaude. Heureusement, le climat des Tuamotu est beaucoup plus sec qu’à Trinitad où nous avions laissé Talulah l’été dernier et donc lhumidité et les moisissures sont moins à craindre. Rangement, nettoyage, démontage des voiles, des tauds, des wingsfoils, de lannexe, du starlink qui a rendu l’âme sous obsolescence programmée, mise sous vide des vêtements et de l’électronique, la liste est longue à boucler sous le soleil le jour et les nonos le soir.

Corinne prend en charge la préparation des coques et la peinture antifouling, après avoir passé tout le bateau à lalcool et au vinaigre ménager ! Je moccupe du gréement, des révisions des moteurs du bateau et de lannexe, du groupe électrogène, du dessalinisateur, etc

Comme Talulah devient inhabitable, nous logeons la dernière semaine dans un bungalow loué par Pauline et dinons le soir avec Alfred, au bord du lagon sous les étoiles, en l’écoutant nous raconter lhistoire de son chantier et de latoll. Après 11 mois de voyage et cette semaine de travaux forcés, nous avons hâte de rentrer et de revoir les familles et amis. Cest avec le bateau du chantier que nous rejoignons le village, de lautre coté du lagon pour une dernière nuit sur Apataki. Le petit Beechcraft qui assure la liaison avec Rangiroa doù nous rejoindrons Papeete nous offre un vol quasi privé. Nous ne sommes que 6 passagers avec les 2 couples rencontrés la veille à la pension de famille ou nous avons dormi : le luxe

Nous avions prévu 3 jours de battements en cas de retard du vol Apataki-Papeete avant notre avion pour la France du 11 octobre. Nous en profitons à Papeete pour revoir Mathias et retrouver la vie citadine avec lurbanisation, ses bruits, ses embouteillages et la multitude que nous avions oubliés.