Changement de décor, changement de pratiques : la navigation dans les atolls desTuamotu ne ressemble pas à celle dans les iles volcaniques des Marquises.
Pour rentrer dans un atoll, il faut une passe. Des atolls n’ont pas de passe : On reste dehors et on passe notre chemin ! Les autres en ont une ou plusieurs : plus il y en a mieux c’est, car le lagon va pouvoir se remplir et surtout se vider plus vite à chaque marée qui remplit le lagon par les passes et tous les petits chenaux (« hoas ») de la barriere de corail qui cponstitue l’atoll. C’est donc l’horaire des marées qui va conditionner en priorité l’heure d’entrée ou de sortie dans les atolls, pour éviter des courants trop forts. Le nombre de passes, leurs dimensions, la hauteur de la houle du large et son orientation, le coefficient de marée, le vent : tous ces facteurs sont à combiner avec la marée pour pouvoir rentrer ou sortir sans risque des lagons ! Ca nous change des mouillages estivals méditerranéens ou le facteur prédominant est le (sur)nombre des bateaux !!
A l’intérieur des atolls, autres règles : il faut voir les « patates » de corail qui montent du fond pour affleurer souvent la surface. Ces formations coralliennes sont parfois de véritables colonnes qui montent verticalement sur 20 à 30 m du fond, ou parfois des récifs plus larges. On navigue donc le soleil haut dans le ciel et si possible derrière soi pour les voir et les éviter. Les lunettes polarisantes sont quasi indispensables…. Certrains atolls sont truffés de patates, d’autres en ont moins et sont plus faciles à naviguer
Selon la distance entre les atolls, il nous faudra donc partir souvent l’après-midi, passer la nuit en mer pour rentrer dans le nouveau lagon à la marée du matin et pouvoir rejoindre un nouveau mouillage (de rêve, bien sûr) avec une bonne visibilité.
Les mouillages dans le corail nécessitent quand à eux de trouver une place suffisante pour ancrer et filer assez de chaîne pour une bonne tenue. Si les patates sont nombreuses, il est difficile de trouver une zone assez large sans corail sur 360° si le vent venait à faire pivoter le bateau. Il faut alors suspendre la chaîne d’ancre à des flotteurs pour éviter qu’elle ne se prenne dans des patates de corail. Les mouillages demandent parfois de remouiller l’ancre pour être serein, mais l’expérience vient assez vite.