Îles Marquises .Fatu Hiva à Hiva Oa
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Juin et juillet 2025
Aller jusqu’aux Marquises, c’était sans doute la part la plus importante de notre rêve de navigateurs autour du monde avec la Transpacifique.
Partis le 19 mai des Gambiers après une jolie traversée de 800 miles en moins 4 jours à plus de 8 noeuds de moyenne sur un seul bord ( vive les alizés !), nous sommes arrivés le 23 mai sur l’île la plus sud, Fatu Hiva, dans sa célèbre baie des Vierges. Puis nous avons remonté tout l’archipel du sud au nord en deux mois, de fin mai à fin juillet 2025 .
Disposition de l’archipel
Les Marquises, ce sont majoritairement deux groupes d’îles : au sud la grande Hiva Oa ,Tahuata et Fatu Hiva et au nord, plus proche de l’équateur, la grande Nuku Hiva et les petites Ua Pou et Ua Huka. D’autres îlots sont disséminés au sein de l’archipel, dont plusieurs encore plus au nord, mais sont inhabités et peu fréquentés par les voiliers.
Les îles d’un même groupe sont à une distance d’environ une trentaine de milles nautiques, excepté Tahuata qui est très proche de sa grande sœur Hiva Oa. Par contre, entre le groupe sud et nord, il faut compter une bonne soixantaine de milles au moins
Les îles sont disposées sur un axe SE-NO, du coup, il est assez facile de naviguer du sud au nord. En revanche, il faut un peu plus de courage pour redescendre l’archipel vers le sud, car on se retrouve au près avec un peu de courant portant vers l’ouest.
Orientation de la houle du vent et conséquences au Mouillage
En théorie, il y a deux saisons : d’avril à octobre la houle du sud serait dominante, provenant des dépressions passant largement au sud de la Polynésie. Et de novembre à avril, la houle viendrait majoritairement du nord. Le choix des mouillages est donc important pour le confort dans ceux-ci.
On ne va pas vous mentir, les Marquises, ce n’est pas l’endroit où l’on dort le mieux en bateau, même en catamaran. La plupart des mouillages sont rouleurs.
Mais ce qui nous a réellement empêché de dormir c’est la pluie : impossible d’ouvrir les hublots sous peine d’être inondé. Sous ces latitudes ce n’est pas la petite pluie bretonne ! 2 ans que les Marquisiens se plaignaient de la sécheresse, cette année, ils sont (mal) servis avec 3 mois de pluie !
On a eu de la chance pour notre premier mois passé au Marquises. Les alizés étaient faibles et il n’y avait presque pas de houle. La plupart des mouillages que nous avons fait à Fatu Hiva, Tahuata et Hiva Oa étaient très praticables, sinon confortables.
Ces îles ne se révèlent pas sous leur meilleur jour lorsqu’elles sont abordées par bateau. D’un premier regard, l’on ne voit que des paysages austères, perdus au milieu d’un océan qui ne prend que très rarement du repos!!
Un voyage est un vécu à un moment donné. Les souvenirs, que nous garderons, dépendront de tant d’ingrédients : rencontres, affinités avec le paysage, couleur du ciel, humeur des coeurs…
Au fond, l’important n’est pas d’aimer ou de détester une escale. L’essentiel est de la vivre avec sincérité, de côtoyer les autochtones avec honnêteté. Il faut garder les yeux grands ouverts sur l’immensité du champ des possibles afin de ressentir un pays au plus proche de ce qu’il offre, d’en retirer le meilleur. Nous ne sommes nulle part chez nous, nous sommes des êtres de passage, le comportement qui prime avant tout est le respect de la population.
Pour découvrir l’âme profonde d’un endroit, il faut du temps . Certaines îles se prêtent facilement à la découverte, d’autres, plus pudiques, ne se dévoilent qu’au prix de gros efforts et c’est là où se trouve le plaisir du voyageur. C’est le cas des Marquises : rêves et réalités se côtoient .
Vous l’aurez compris : les Marquises se méritent et se visitent par l’intérieur. Il faut descendre a terre, s’imprégner de la culture Les plus grands centres d’intérêt de l’archipel résident dans l’artisanat décliné au quotidien par de véritables virtuoses de la sculpture ou du tatouage, mais aussi dans les paysages singuliers de chaque île, ainsi que les sites archéologiques et historiques. On était parti avec l’idée de faire des randonnées, gravir quelques sommets mais ici les sentiers sont inexistants ou pas entretenus et boueux ce qui les rend impraticables. L’éloignement entrave la moindre initiative et pèse sur le prix des denrées les plus basiques . Alors à chaque Île on s’est adapté.
FATU HIVA
23/05 au 31/05
Arrivée au lever du soleil avec zwela et son équipage avec qui on a quitté les gambier et navigue ensemble. Le mouillage est magnifique mais saturé de voiliers . Des bateaux copains croisés aux Gambier nous ont mis en garde : près de la plage les fonds ne tiennent pas et les bateaux dérapent. On finit par trouver une petite place dans 15 mètres d’eau mais on est très proche des autres voiliers .
La baie est mythique ,considérée comme une des plus belles au monde. Très encaissée et bordée par des falaises aux couleurs ocrées au milieu desquelles se dressent des pitons : les fameuses verges , rebaptisées par les prêtres catholiques.
Le village ne compte qu’une petite épicerie. Un quai permet de descendre à terre . Ici pas d’aéroport : la liaison avec Tahiti se fait en bateau, ainsi que le ravitaillement.
L’île compte 2 villages, une école et un dispensaire avec seulement des infirmières.
Le temps semble s’être arrêté : tout est paisible ici. On est accueilli par les enfants qui curieux viennent nous dire bonjour . Ici les gens vivent essentiellement de la sculpture. L’art marquisien est très présent dans les îles. Une autre partie de la population travaille pour la mairie à l’entretien des chemins …
Pendant cette escale d’une semaine à Fatu Hiva on en profite pour faire une randonnée à une cascade suivie d’une baignade dans sa vasque : un régal d’eau douce!
Puis une autre journée pour la randonnée entre les deux villages de l’île: 800 m quand même de dénivelé et 15 km. Les vues sont magnifiques sur les sommets et la mer.
On rencontre Angèle qui nous propose de dîner chez elle : elle fait table d’hôte et on se régale de chèvre au laide coco, de cochon , de poisson cru … un régal et une belle soirée avec sa famille dans leur jardin.
Sans oublier les couchers de soleil et les Raies Mantas qui évoluent à 10 mètres de Talulah . Instants magiques dans l’eau ! 30miles nous sépare de Tahuata que l’on rejoint en quelques heures.
TAHUATA
01/06 au 8/06
Petite île proche d’Hiva Oa dont elle n’est distante que de 8 miles .
Sa côte ouest ,sous le vent est bordée par de belle plages de sable doré. Dauphins, raies , c’est un vrai ballet autour des bateaux au mouillage.
L’artisanat est très présent dans l’île qui regroupe plusieurs sculpteurs sur bois ou os . Deux villages principaux bourrés de charme abritent la population de l’ile.
C’est à Hapatoni et Vaitahu qu’on trouve le plus de sculpteurs. Ils sculptent le bois,l’os, et réalisent de magnifiques pagaies,tikis, plats…
Nous finissons cette semaine à Tahuata dans la Baie d’Iva Iva, moins fréquentée que sa voisine d’Hanamoenoa saturée avec sa plage de sable blond , eau turquoise bien abritée de la houle mais pas du vent. Palme et tuba au programme : beaucoup de poissons de récif, balistes, chirurgiens, perroquets, etc….
Ainsi que de belles soirées avec nos amis de zwela : parties féroce de coinche et de ti punch!😊
Hiva Oa
08/06 au 22/06
Après une courte navigation depuis Tahuata par le canal du bordelais entre les deux îles, contre le vent, la houle et le courant, on jette l’ancre dans la baie de Tahauku , près de la petite ville d’Atuona très connue pour d’autres raisons que ses côtés pratiques.
Le petit port est protégé partiellement de la houle et le mouillage est petit et bien encombré par une quinzaine de voiliers. Heureusement il est bien abrité du vent et peu profond ce qui permet de mouiller court et même comme cela on est très proche les uns des autres ! Après plusieurs essais, on trouve une place au fond du port tout près de la plage dans deux mètres d’eau à marée basse, nous y serons tranquilles pendant tout notre séjour.
La ville d’atuona est à 45 minutes à pied alors on décide de s’y rendre à pied pour découvrir les lieux.
Vous le savez peut-être déjà, c’est le dernier lieu de la vie du peintre Paul Gauguin et du chanteur Jacques Brel ! Ils avaient tous deux choisis (à des époques différentes bien entendu) de vivre leurs derniers jours aux Marquises et de se faire enterrer ici. Alors il ne faut pas manquer les visites qui s’imposent : le centre culturel lié aux deux artistes, pour 1100 francs pacifique par personne, ainsi que le cimetière un peu plus haut où se trouvent leurs tombes .
Côté pratique on y trouve une poste, un centre médical, 3 supermarchés, un coiffeur : bref on a de quoi se ravitailler même si les prix sont exorbitants.
Il n’y a que peu de routes qui permettent de rallier les trois villages à Atuona mais pas de transport collectif aussi on loue une voiture pour une semaine afin d’explorer l’île en attendant l’arrivée de Jean Marc et Viviane dans une semaine.
On a adoré la parcourir la route entre Atuona et Puamao . Petite route de montagne entre mer et montagne avec des vue vertigineuse où la végétation tropicale cède progressivement la place à des falaises balsamiques où les couleurs varient de l’ ocre au noir. Des passages dans de petites gorges nous ramènent au village de Puamau où un site archéologique bien entretenu nous permet de mieux comprendre la culture Marquisienne.
Sur la route on s’arrête pour visiter un atelier de sculpture et on fait la connaissance de Norbert : il crée de magnifiques TIKIS, statues représentant des demi-dieux, en pierre ou en bois.
On repart avec des mangues et des bananes de son jardin : c’est ça l’accueil Marquisien.
Et c’est l’arrivée de jean Marc et Viviane qui ont loué pour une dizaine de jours une chambre dans l’île et avec qui on continue la découverte d’Hiva Oa. Nous les avons attendu pour faire la seule randonnée de l’île : un sentier côtier sur la côte nord entre Hanaiapa et la plage d’Hanatekua inaccessible par la route.Belle randonnée en surplomb de la mer avec à l’arrivée une plage de sable blanc, mais malheureusement envahie de Nonos.( petit insecte quasi invisible et dont la morsure ne se découvre que le lendemain avec de belles démangeaisons !)
J’ai aussi testé l’art du tatouage : En effet j’avais envi échange avec Kaha qui a pris le temps de discuter , de dessiner les symboles Marquisiens qui me tenaient à cœur et reflète ma personnalité car au Marquises , la vie d’un homme se lit dans ses tatouages..

Malgré la houle qui peut être forte, les courants et l’eau trouble car chargée de plancton, il y a un club de plongée à Hiva Oa. Après les avoir vu pendant plusieurs jours revenir au port avec des clients satisfaits et du bon matériel, Jean-Pierre se laisse tenter par 2 plongées avec l’équipage de Swela. Malgré les conditions techniques pas faciles, la plongée avec les raies mantas est un vrai bonheur, tant les raies sont nombreuses et proches, évoluant avec sérénité et grâce aux milieu des plongeurs !
Une belle escale aux Marquises et c’est le départ pour le groupe Nord des Marquises : Ua Uka , Nuku Hiva et Ua Pou.




























































































































