Les îles Gambier
23 avril au 19 mai 2025
Lien pour la vidéo ci dessous
Donc après 3900 milles par l’orthodromie et 4100 milles avec la marche arrière involontaire et nous voici ancrés dans le lagon des Iles Gambier, l’archipel le plus au Sud de la Polynésie.
Les Îles Gambier se trouvent à un peu plus de 1 600 kilomètres au Sud-Est de Tahiti.
La mythologie polynésienne raconte que Mangareva a été soulevée du fond de l’océan par le demi-dieu Maui. Les montagnes de Mangareva se dressent parmi les îles environnantes et le lagon lumineux tel une grande cathédrale magnifique.
L’archipel des Gambier porte le nom d’un amiral anglais qui s’est fortement investi dans l’organisation d’une expédition qui a découvert ces îles sans participer pour autant à celle-ci.
Centre du catholicisme en Polynésie, le peuple de Mangareva a gardé son style de vie traditionnel polynésien et l’île est devenue une source d’approvisionnement importante pour l’industrie perlière de Tahiti et ses îles.
Mangareva est l’île la plus peuplée et la plus importante des Gambier. La majorité des habitants vivent à Rikitea. Toutes les îles alentours font partie du même lagon. La population des îles Gambier est issue des migrations des Marquise vers 1200.
Contrairement aux quatre autres archipels qui s’étendent sur des dizaines voire des centaines de milles, les Gambier, ce sont une demi-douzaine d’iles montagneuses ( enfin ce n’est pas les Alpes 😉)entourées par un lagon d’une dizaine de milles de diamètre.
La grande ile, Mangareva, habitée par les Mangaréviens, qui parlent le Mangarévien (aussi différent du Marquisien ou du Tahitien que le portugais l’est de l’espagnol) et qui roulent les ‘r’ encore plus que dans le Berry.
Très accueillants, tout le monde se tutoie. Très prévenants, tout le monde s’arrête pour te proposer de monter dans sa voiture. Très partageurs, tout le monde te propose des bananes ou des pamplemousses qui poussent ici comme les orties aux Adrets.
Plutôt riches semble-t-il, pas de chômage, tous ceux qui ne sont ni commerçants ni fonctionnaires travaillent dans les fermes perlières, à produire ces petites billes qui ressemblent à des roulements à billes tant qu’elles ne sont pas montées sur des pendentifs. Les Mangareviens sont plutôt gros voire gras, et encore il parait qu’aux Marquises c’est pire. Plutôt cathos, un gros millier d’habitants et une grosse demi-douzaine d’églises dont la plus grande, qui a rang de cathédrale peut accueillir 1200 Mangaréviens(même les gros).
La première journée de repos se passe au mouillage pendant que Yann et Jean -Marc partent à l’ascension des deux sommets le Mokoto et le mont Duff car ils repartent dans 3 jours en France. On en profite pour organiser une visite d’une ferme perlière pour le lendemain avant le départ de nos 2 équipiers! Annexé à l’eau et Cap sur le village pour faire les formalités dé clearance à la gendarmerie. À partir de ce moment la , on a droit à 2 ans en Polynésie. Passe ce délai il faudrait « papeetiser » Talulah, c’est à dire l’importer, ce qui nous couterait 8% du prix du bateau pour les taxes de douane . On a donc 2 ans pour naviguer dans les eaux polynésiennes.
- Greffe de la perle

Départ de Yann et Jean Marc
Il n’y a qu’un village dans l’île de Mangareva : Rikitea. Contrairement à tous ce qu’on avait lu les épiceries au nombre de 4 sont bien achalandées. Le cargo passe un fois par mois . Peu de choix pour les légumes hormis tomates et avocats . Pour les fruits pamplemousse et bananes.
On s’adapte !
On pourra aussi se ravitailler en gasoil dans 3 semaines lors de l’arrivée du prochain cargo car après la transpac nos réservoirs sont au plus bas puisqu’on ne s’était pas arrêté aux Galápagos pour ça.
On retrouve avec plaisir Loïc et Sylvie de SWELA, nos amis de chantier à Sete avec qui on va découvrir l’archipel et qui nous accueillent à notre arrivée avec un apéro à leur bord : ti punch oblige😊. ça devient une tradition car ils nous avaient déjà accueilli à notre arrivée de la transat en décembre 2023.
On est surpris par le nombre de voiliers au mouillage : une vingtaine ! Les îles gambier méconnues des voileux il y a dix ans, deviennent un archipel de plus en plus visité.
Au départ dé Rikitea on est monté au sommet du Mokoto et du Mont Duff que l’on a fait en boucle au départ du village. En tout 700 m de dénivelé pas très haut, mais il faisait chaud et nos jambes avaient un peu oublié le fonctionnement. Magnifique belvédère. On y a pris la mesure de la douzaine de mouillages possibles sur les autres iles et sur les « motu », ces ilots qui parsèment la barrière de corail. Il y a une douzaine de bateaux dans l’archipel, la moitié ici à Rikitea, les autres dans l’autre mouillage principal à l’ile deTaravai.
Au cours de notre escale de 4 semaines on découvre les motus de l’archipel. Certains comme Taravai sont habités par 3 familles , mais la majorité ne sont pas habités.Aucun autre village que dans l’île principale.
La navigation dans le lagon nécessite la prudence et surtout un départ avec le soleil haut et dans le dos afin de passer entre les patates de corail. Ceci dit les cartes marines sont assez précises.
Les mouillages sont magnifiques : mélange des verts pour la montagne, pins et cocotiers selon l’altitude, et des bleus sombres aux turquoises pour l’océan . Plages de corail blanches désertes où nous ferons quelques BBQ avec Loïc et Sylvie. De belles séances de Snorkeling aussi dans les passes , bien que la présence de requins ne me rassure pas!
Un peu de wingfoil et une initiation pour Loïc et Sylvie mais le vent n’était pas au RDV!
On sympathise avec d’autres équipages comme nous en croisière comme Soïzic et Manu de DIABOLO, et Michel et Catherine de TEIS avec qui on se retrouve au différents mouillages autour d’un verre à bord . On en profite aussi pour fêter l’anniversaire de Jean Pierre sur TEIS .
Sur TARAVAI nous sommes accueillis par Hervé et Valerie un couple de mangareviens qui ouvrent les portes de leur jardin pour des BBQ aux voiliers et à leurs amis. Des moments de partage, de rencontres, d’échanges. Pour qualifier leur accueil : gentillesse, sourire, désintéressement. Herve nous guidera dans la forêt pour une randonnée sur le sommet de Taravai : pas de sentier .. on n’y serait pas arrivé sans lui.
Le mot du capitaine :
Pas de « bar de la marine » sur le port, pas de bistrots ni de restaurants, seulement une épicerie qui fait resto avec quelques plats au menu. Tout se passe entre habitants, chez eux.
Par contre quand le cargo de ravitaillement arrive, c’est l’effervescence sur le port. On a l’impression que tout le village est là, des dizaines de containers sont déchargés, bouteillesk de gaz, voitures ou grues, matériaux de construction, produits frais, etc.
La culture mangareviene réunît beaucoup d’habitants qui la perpétue au travers des générations. Nous avons pu assister à un spectacle de danse et chants traditionnels qui nous ont impressionnés. Spectacle créé et joué par les collégiens de Rikitea et primé au concours de Tahiti. C’est d’ailleurs des Gambier que le Haka tient ses origines, avant d’être repris par les autres pays polynésiens, Nouvelle-Zelande, Fidji, Tonga, etc….

Mais l’intérêt des Gambier pour nous, voiliers, c’est d’abord son lagon, avec des dégradés de bleu et blanc, et ses îles hautes et toutes les nuances de vert. Les mouillages sont généralement bons, d’accès pas très compliqué, et calmes ce qui permet de bien récupérer après la transpac. Le lagon est par contre parsemé de bouées pour les naissins de nacres, bouées qui deviennent dangereuses pour nos bateaux car peu visibles selon la luminosité. Les fonds de corail sont par endroit magnifiques avec des bleus , jaunes et verts fluo où nagent des poissons perroquets de belle taille, des raies, tortues et tous les poissons de récif.
Nous faisons connaissance avec les requins de récif, pointe blanche et pointe noire, à priori inoffensifs. Les mérous sont énormes car ils ne sont pas chassés pour cause de ciguatera. Dommage pour les assiettes !
Comme nous sommes à la limite de la zone tropicale, l’eau n’est qu’à 26-28 degrés, et on trouve plein de pins et de feuillus juste au-dessus des cocotiers et des bananiers. Avec le lagon et les sommets à pentes escarpées, c’est un vrai résumé de la Polynésie, très serein.
Mais déjà Talulah se rappelle à nous : après un grain très pluvieux, la girouette /anemometre tombe en panne ! Pb de connexion ? Ou d’électronique ? 3 montées au mat plus tard, 2 démontages de boîtiers électroniques et de la girouette plus tard avec l’aide de Loïc de Zwela, tout remarche, ouf !
Si la gentillesse et l’accueil caractérisent les Gambier, l’isolement aussi : isolement géographique et humain. La médecine n’y échappe pas non plus, et nous avons pu rencontrer le médecin du centre médical de l’île. Il est seul avec 2 infirmières, d’astreinte 24/24 en permanence et doit gérer toutes les urgences de l’île. Boulot pas facile à 1700 kms d’un hôpital ! Il vit sur son bateau et nous avons passé une bonne soirée avec lui, qui nous appris l’envers du décor (alcool, drogue…).
Un autre intérêt des Gambier sont les perles, dites « de Tahiti », qui sont l’activité vraiment principale de l’île. Les Gambier sont le plus gros centre de production de la perle de Polynésie grâce à ses eaux du lagon très riches en nutriments pour les nacres qui donnent de très très belles perles. Corine passera plusieurs fois dans les petits magasins de perles et de bijoux montés de Rikitea ! C’est vrai qu’elles valent le coup….. difficile de rester raisonnable !
Une belle étape d’arrivée, qui a tenu ses promesses. Il nous faut déjà la quitter pour découvrir les autres archipels de Polynésie en compagnie de Zwela qui a le même projet de voyage et le même timing.
On est un peu tristes de dire au revoir aux bateaux copains, nos amis de Diabolo et de Teis . On espère bien les retrouver lors d’une prochaine escale .


































Superbe. Bisous
Bravo les amis pour ce reportage très intéressant sur ces îles méconnues
On attend la suite avec impatience
On vous embrasse!!